On a tous « notre Paris personnel »… moi,  c’était le 4ème arrondissement, les tags sur les murs : « dans le Marais, fais gaffe à ta raie »… mais c’est juste un avertissement pour rigoler car il n’y a pas plus respectueux qu’un habitant du Marais !

Pssst Lettre ParisParis, toi et moi, ça n’a pas été un « coup de foudre » ! Je dois bien l’avouer… Je venais de quitter Rome pour toi et je te détestais. Je détestais d’emblée tant de choses : l’indifférence des gens, leur mauvaise humeur, tes rues puant le pipi et les poubelles, tes métros trop bondés, ta vilaine habitude de me vider les poches, de me faire acheter, consommer, de me tenter à tout prix, à des prix que je ne pouvais quasi jamais honorer : il ne me restait qu’à baver devant les boutiques… ta fâcheuse habitude de me faire boire plus souvent qu’à mon tour, ta pluie, ton éternelle grisaille, ta météo de merde, tes SDF à tous les coins de rue, tes soirées trop souvent superficielles.. et d’un snobisme… Au secours ! Combien de fois ai-je failli y perdre mon authenticité ?

 

Tu es oppressante, stressante même. Je dois bien l’avouer, j’ai souvent râlé, mais quand on t’a fait du mal, j’ai été profondément blessée et avec les autres, j’ai pleuré.  J’ai souvent manqué d’argent, j’ai parfois squatté chez les potes pour qu’ils me nourrissent, ou remplissent mon frigo mais j’ai aussi rendu la pareille.
Pssst Lettre ParisAllons, je préfère me rappeler tes côtés positifs parce que tu es belle, parce que je me souviendrai toujours de tes odeurs de pain frais dans la boulangerie en bas de chez moi, de tes croissants croustillants, de ton Village Saint-Paul, tes ruelles, les lumières de tes nuits, tes toits bleus métalliques, ta Seine qui coule et brille le long des quais, ta majestueuse Tour Eiffel qui scintille de mille feux, qui me mettra toujours des papillons au ventre à chaque fois que je la regarderai.  Tes leçons de vie, tes cours de théâtre, tes soirées dansantes sur les quais, ta mixité : j’ai pu faire le tour du monde en un jour chez toi ! Tu m’as offert des amis, des perles rares, je t’en suis reconnaissante. Tes amoureux qui se promènent le long de la Seine car oui, tu es la ville de l’amour, de toutes les amours même ! J’ai souvent l’impression de te découvrir et de te re-découvrir, de ne pas avoir vu assez certains quartiers, de ne pas avoir mangé dans tous les restaurants que j’aurais voulu tester, tu es trop immense et tellement mystérieuse de tous les trésors cachés que tu n’as pas encore eu le temps de me dévoiler…

Encore aujourd’hui, tu m’émerveilles… mais je n’arrive pas à être heureuse ni à trouver mon bonheur dans tes draps. Je crois que j’en attendais trop de toi et tu ne m’as pas offert ce que je souhaitais profondément, peut-être est-ce de ma faute, peut-être n’ai-je pas su t’apprivoiser, je ne me suis peut-être pas montrée au bon endroit, au bon moment…

C’est un peu à contre-cœur que je te quitte. Mais c’est trop tard, mes cartons sont faits, mes affaires emballées, mon cœur déchiré.

Pssst Lettre Paris

C’est un mal pour un bien et je le sais au plus profond de mon être.

Oh ! Paris, comme tu vas me manquer…

Je te quitte pour mieux te retrouver, plus tard, mais surtout pour mieux me retrouver.

 

*Vidéo réalisée il y a 2 ans pour le chanteur Eyal, ce sont des « tableaux » qui s’enchainent dans les différents coins de Paris.

* Les images sont prises sur Google.