« Une séparation. » de Véronique Olmi.

 

 

Cela va vite, une séparation. Il suffit d’un mot pour défaire des mois, des années d’amour, c’est comme dynamiter sa maison, on craque une allumette et tout s’effondre. Etrange que ce soit si simple de se quitter. Etrange qu’il n’y ait de procédure que pour les gens mariés. Pour nous deux, une lettre et c’est déjà beaucoup. Un coup de fil, un mail, un silence auraient suffi. Notre séparation… Un peu de vent à la surface du sable. Un volet qui claque. Un rêve qui meurt. Trois fois rien. C’est fini.

Le matin se lève et notre histoire est terminée. La vie va continuer sans cette histoire qui s’arrête comme un train en rase campagne. Je continue à pied. Toute seule. Tout droit. Sans me retourner et les mains vides.

Je n’ai plus à plaire à personne.

Il n’y a personne.

La légèreté de la solitude. Sa magnifique inhumanité.

(…)