Messieurs, vous allez voir ce statut Facebook sur un grand nombre de profil de vos contacts féminins.

Ce n’est pas de la solidarité féminine. Non, seulement une réalité ; je m’explique :

Chaque femme qui a été victime de harcèlement, d’abus sexuel ou encore d’agression au moins une fois dans sa vie, partagera ce statut.

Et malheureusement, nous sommes nombreuses. C’est dur d’en parler, c’est dur de se taire, chacune le gère à sa manière.

Que ce soit dans la rue, dans les transports en communs ou au travail, on n’est jamais tranquille.

La majorité du temps, comme on s’est créé une carapace, on évite d’en parler ou d’aller se plaindre au commissariat où les policiers, après 20 plaintes par semaines, en auraient vite marre de voir notre tronche !!

Alors commençons :

Combien de fois je ne me suis pas fait arrêter dans la rue, que ce soit à Rome, à Paris ou en Belgique par des hommes. « Hé ! Mademoiselle, je peux avoir ton 06 », « T’as pas envie de me tailler une pipe ? », « T’es bonne tu sais » « Sale pute » , sans parler de ceux qui nous sifflent comme si on était des chiens, et j’en passe.

Combien de fois des hommes, dans les transports en commun, ont essayé de se rapprocher physiquement de moi, ou ont même touché des parties de mon corps.

Combien de fois ai-je eu droit à des regards pervers, des gestuelles peu gracieuses.

Combien de fois me suis-je retrouvée dans des situations douteuses par rapport à mon travail, parce que oui, je voulais devenir comédienne et que, dans ce milieu, une majorité d’hommes pensent « Ces actrices, toutes des putes ».

Combien de fois ai-je dû refuser des avances (toujours gentiment en rigolant, ou en me faisant passer pour « La conne qui esquive et fait semblant de ne rien comprendre), qui auraient pu faire démarrer ma carrière en flèche (dixit le harceleur du moment).

Combien de fois, en soirée, j’ai eu affaire à des mecs hyper lourds.

Combien de fois, la nuit, dans les métros parisiens, je me suis fait suivre et traiter de tous les noms.

Combien de fois en rentrant chez moi, le soir, dans la rue me suis-je fait aborder, et même une fois, c’est allé trop loin et j’ai dû me battre et hurler de toutes mes forces.

Combien de fois on m’a dit : « Tu es trop grosse, il faut que tu perdes du poids », « Ton cul est trop mou, fais du sport », « Si tu veux bosser dans ce milieu, il faut que tu sois désirable ».

Combien de fois n’ai-je pas regretté d’avoir mis une jupe au lieu de mettre un pantalon.

Combien de fois n’ai-je pas regretté de porter des talons au lieu de basquets, chaussures confortables avec lesquelles j’aurais pu courir plus vite pour m’enfuir.

 

Pour tous ces ‘combien de fois’… », messieurs, je vous pose une seule question :

Et vous, combien de fois vous a-t-on emmerdé/ harcelé/ touché/… ?

Tenez-vous bien, la révolution féminine est en marche. C’est juste une constatation mais bizarrement, elle ressemble à une menace…

 

L’autre jour, je parlais avec un ami du cas « Harvey Weinstein » et il m’a posé cette question :

« Si tu avais eu une relation avec ce mec et baisé avec lui parce que tu étais très ambitieuse, est-ce que, aujourd’hui, après 20 ans de carrière exceptionnelle,  tu oserais en parler et le montrer du doigt, alors que tu as obtenu ce que tu voulais? »

Malheureusement, je n’ai pas la réponse, je n’en sais rien. Je pense que j’aurais refusé de dealer, comme je l’ai fait plusieurs fois, juste pour pouvoir me regarder encore dans la glace chaque matin.

Et vous qu’ auriez-vous fait ?

 

 

A voir: